Dans le cadre des conférences Open Mind organisées tous les mois sur le campus de l’EDHEC à Paris pour les participants et les diplômés de l’Advanced Management Programme, l’EDHEC a invité Philippe Pihet, actuellement secrétaire confédéral secteurs retraites chez Force Ouvrière*.  Jean-Louis Raynaud, Directeur de l’Advanced Management Programme a rappelé l’objectif de cette intervention « Découvrir le monde syndical et comprendre son fonctionnement pour savoir comment se comporter avec les délégués syndicaux, en particulier lors de situations complexes »

Le paysage syndical en France : l’unité d’action

Le paysage syndical français est riche et varié, y compris si historiquement "il y a des différences de conception" comme le rappelle Philippe Pihet. A titre d’exemple, Force Ouvrière est née d’une scission avec la CGT et "l’ADN de FO c’est la politique conventionnelle", qui permet de négocier des accords au niveau des branches professionnelles. Malgré les divergences, l’unité d’action est un thème fondamental pour l’action syndicale, "le syndicalisme rassemblé c’est le plus petit dénominateur commun, on essaie de trouver une somme de revendications sur lesquelles on est tous d’accord." Très récemment par exemple, lors de la loi travail, FO était unie avec six autres organisations syndicales, pour demander le retrait de la loi, afin de la négocier. 

Le fonctionnement syndical

A partir de 2008, la législation a significativement modifié le fonctionnement syndical en entreprise. Entre autres, l’accord sur la position commune qui révolutionne la représentativité : en dessous de 10% dans l’entreprise, un syndicat ne peut plus participer à la négociation. Une telle décision rend aussi la représentativité des employeurs plus complexe, puisqu’ils peuvent adhérer à la fois au MEDEF et à la CGPME.
Depuis 2015, avec l’inversement de la hiérarchie des normes, les négociations sociales ne se font plus majoritairement au niveau de la branche mais au sein de l’entreprise, ce que FO condamne : "on glisse de plus en plus sur un système à l’anglo-saxonne, où la majorité se passe dans l’entreprise, on n’a plus la même possibilité de revendication".

Les enjeux du syndicalisme face à la transformation des organisations

"Notre mission est de défendre les intérêts collectifs des salariés, alors que le parti politique doit s’occuper de l’intérêt général, qui n’est pas toujours compatible avec la somme des intérêts particuliers. Depuis la crise, le social sert de variable d’ajustement à l’économie." nous indique Monsieur Pihet. Dès lors comment évoluer ? "Il y a une recette relativement simple, c’est la transmission." Sur le plan national, Force Ouvrière assure plus de 36 000 journées de formation par an. "On apprend à nos militants ce qu’est une revendication. On leur explique leurs droits et leurs devoirs. Je considère que dans une entreprise, on fait le même travail qu’un DRH, mais pas du même côté de la table. On a un rôle à jouer et plus l’entreprise est petite, plus notre rôle est important".

Témoignages des participants :

« Passionnant de voir l’envers du décors. Parole très libre, très positive »
Rosette BORNE 

« On pourrait avoir une journée complète de conférence sur les partenaires sociaux »
Jean Christophe COEFFE

*Sur le plan national, Force Ouvrière est l’un des huit personnages dotés de l’habilité à négocier des accords : avec d’un côté trois employeurs (l’UPA, la CGPME et le MEDEF) et de l’autre côté cinq salariés (la CGT, la CFE-CGC, la CFTC, la CFDT et Force Ouvrière). Pour signer un Accord National Interprofessionnel, il faut au moins trois salariés ainsi que les trois employeurs.

Les conférences OPEN MIND sont organisées tous les mois sur le campus de l’EDHEC à Paris. Elles permettent à des participants de la formation en management général, Advanced Management Programme (AMP) de rencontrer d’autres dirigeants sur des thèmes liés au management des hommes et des organisations. Pour plus d’informations sur le programme AMP de l’EDHEC à Paris : executive-amp@edhec.edu