La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne doit conduire à une forte hausse des frais de scolarité de leurs universités pour les étudiants communautaires. Aux Etats-Unis, les restrictions d’accès risquent de décourager des élèves étrangers. Cela tombe bien, les écoles de management françaises s’illustrent dans les classements mondiaux, y compris avec leur MBA.

L’enseignement supérieur est aussi une affaire de géopolitique. La sortie programmée de l’Angleterre de l’Union européenne et les mesures prises par le nouveau président américain, Donald Trump, interdisant l’entrée à des ressortissants de sept pays, en sont la démonstration. Même les étudiants en situation légale se voient fermer la porte au nez ! Quant aux universités anglaises, elles vont devoir aligner les frais de scolarité des étudiants européens sur ceux demandés aux non-communautaires, soit un doublement des droits pour la plupart d’entre elles.

Ce double choc en provenance du monde anglo-saxon crée une opportunité inédite pour les grandes écoles et les universités françaises. En particulier, les business schools qui brillent régulièrement dans les classements internationaux des meilleurs masters en management, et avec leur offre en "Executive Education", celle destinée aux jeunes professionnels. Ainsi, ce lundi 30 janvier, la publication du palmarès 2017 des Global MBA du Financial Times confirme la place de numéro un de l’Insead, basé en France et à Singapour, alors que HEC, l’Edhec et Grenoble Ecole de management figurent dans le top 100.

"Nous gagnons dix places en un an, se félicite Benoit Arnaud, directeur d'EDHEC Executive Education. Nous sommes même numéro trois dans la catégorie "value for money", grâce à notre cursus en un an."

Les business schools françaises offrent un excellent rapport qualité-prix

Aux Etats-Unis, les MBA durent deux années et leurs prix dépassent 100.000 dollars par an pour les meilleurs.

"Si vous intégrez la perte de salaire et les frais de vie, cela représente jusqu’à 400.000 dollars", souligne Benoit Arnaud.

Le MBA de l’Edhec coûte 41.000 euros et il est mieux classé que ceux du Boston College ou de l’université George Washington… Outre cet aspect financier, l’arrivée de Donald Trump à la Maison blanche pourrait aussi fragiliser la suprématie américaine dans ce domaine. La semaine dernière, celui-ci a pris de "nouvelles mesures de contrôle, pour maintenir hors des Etats-Unis, les terroristes islamiques radicaux", fermant les frontières aux citoyens de sept pays, dont l’Iran et l’Irak.

"Quand on ferme un pays, les forces se redistribuent ailleurs", indique Bernard Ramanantsoa, l’ancien directeur d’HEC.

"Les étudiants sont très sensibles au bruit médiatique et géopolitique lorsqu’ils font leur choix pour partir à l’étranger", confirme Benoit Arnaud.

Il cite le cas d’un Mexicain qui, à la rentrée de janvier du MBA, a préféré venir en France plutôt que de rejoindre une université américaine. "Ce ne sont plus mes valeurs", a-t-il expliqué.

Lire la suite sur le site de Challenges